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Les royaumes numides

 

 

Les Libyens, Berbères répartis en tribus et confédérations de tribus étaient les habitants de l’Afrique du Nord. Leur pays, la Libye, s’étendait depuis les rivages de la Cyrénaïque, à l’est, jusqu’aux côtes de l’Atlantique, à l’ouest.

Faute de sources, on est très peu renseignés sur l’organisation politique de ces entités autochtones. Toutefois, si l’on en croit la littérature légendaire relative à la fondation de Carthage, certaines d’entre elles étaient déjà organisées en royaumes au moment où Elissa décida de s’établir sur les côtes de Tunisie.

Obscure pendant les premiers siècles de l’Antiquité, l’histoire des Libyens s’éclaircit au IIIe siècle avec l’avènement de royaumes évolués et véritablement présents sur la scène politique méditerranéenne. Jouxtant, le domaine carthaginois, ils entretinrent avec lui des relations fluctuantes. Toutefois, au delà des rivalités politiques et de souveraineté, les relations entre Libyens et Carthaginois donnèrent lieu à des phénomènes d’échanges et d’emprunts, osmose qui, à ne pas en douter contribua à la formation d’une partie de ce substrat qui sous tend aujourd’hui la culture et la civilisation tunisiennes. Ainsi, conscients de la nécessité de pratiquer d’autres langues que la leur, intéressés par l’alphabet que les Phéniciens amenèrent avec eux, les Berbères adoptèrent le parler et l’écrit puniques puis, au bout du compte, décidèrent de confectionner leur propre graphie, le libyque, écriture conservée grâce à de nombreuses inscriptions exposées au Bardo, notamment une belle épigraphe bilingue datant du règne de l’Aguellid Massinissa!

En effet, les Berbères savaient regarder au loin; bien qu’allié de Rome, Massinissa n’en cherchait pas moins à développer d’autres relations méditerranéennes, notamment avec le monde hellénistiquequ’il fournissait en céréales; à Délos, sa réputation était si grande que la cité lui éleva des statues! Riche de son agriculture, surtout après la deuxième guerre punique, suite à l’annexion par Massinissa des campi Magni - ces plaines qui s’étendent sur la région de Bou salem et de la Dakhla dans le nord-ouest de la Tunisie —, la Numidie de Tunisie vivait dans un état de prospérité tel qu’elle finira par s’attirer la convoitise romaine!

 


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